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A RETENIR
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LINCOU, MOTEUR DES BLEUS
Dans le sillage de Thierry Lincou, la France découvre le squash et son
équipe nationale, vice-championne d'Europe et vice-championne du monde.
Aujourd'hui, les Bleus sont regroupés entre Aix-en-Provence et Marseille
et l'émulation joue avec le numéro un mondial comme locomotive.
« Thierry Lincou, effectuez-vous encore des stages à l'étranger
pour peaufiner votre préparation ?
Non, je travaille en France. J'en ai fait quand j'étais dans les 50
mondiaux car il me fallait beaucoup d'adversité ce que je n'avais pas en
France. Je passais donc une semaine par mois à l'étranger, en Angleterre
surtout où il existe un vivier de joueurs. C'était vraiment pour
connaître différents jeux et différentes tactiques, mais aujourd'hui je
fais tout mon travail en France et je vais de temps en temps faire un ou
deux matches de préparation à l'étranger juste avant le tournoi.
Existe-il suffisamment d'émulation en France ?
Oui, nous avons une belle équipe de France, vice-championne d'Europe et
du monde. Nous sommes une bande de copains, regroupés dans le sud-est.
Entre nous, on se tire « la bourre ». C'est un gros collectif qui
travaille beaucoup. J'ai peut-être montré la voie et donné un peu de
dynamisme. »
Thierry Lincou
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« JOUER SOUS LA TOUR
EIFFEL »
Par Sophie DORGAN, à Roland-Garros
En fin connaisseur, Thierry Lincou a fait escale à Roland-Garros pour
assister notamment aux victoires de Mary Pierce et Rafael Nadal. En
repos actuellement après une saison très riche, le numéro un mondial de
squash évoque le tennis, sa préparation et ses objectifs. A l'arrière
plan, le champion du monde rêve de jouer sous la Tour Eiffel.
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Tennis et squash, deux sports
opposés
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« Thierry, Lincou,
Quels sont vos rapports avec le tennis ?
J'aime bien le tennis. Roland-Garros représente quelque chose de
spécial, c'est la grande fête du tennis en France. Chaque année, je fais
mon petit tour ici, je prends vraiment plaisir à assister à quelques
rencontres et à respirer l'ambiance, c'est spécial. Je joue au tennis de
temps en temps et je me régale.
Quels sont les parallèles entre le tennis et le squash ?
Il y a quelques similitudes avec le squash, mais ce sont plutôt des
sports opposés. Il y a des transferts possibles au niveau de la prise
d'informations, du placement de la balle, du timing de la frappe, mais
le geste est complètement différent et la préparation physique n'a rien
à voir. Un match de tennis peut durer jusqu'à 4-5 heures, au squash,
cela n'excède pas 1h30 et c'est déjà un gros match. Il existe beaucoup
moins de temps mort chez nous. Nous n'avons qu'un service et quasiment
pas de coupure, c'est donc un effort différent. C'est plus court et plus
intense, nous avons plus de temps de jeu. Ce sont des échanges de trente
secondes en moyenne avec très peu de récupération, environ dix secondes
entre les échanges, le temps d'aller prendre la balle et servir.
Quand vous voyez l'engouement populaire à Roland-Garros, ce n'est pas
trop frustrant de comparer le relatif anonymat du squash en France ?
C'est vrai. Nous n'avons pas de manifestation de cette ampleur. Même un
événement plus petit, ce serait très bien. Nous nous remettons en route
pour refaire des Internationaux de France, mais il faut absolument une
grosse manifestation présente sur des années pour vraiment rassembler;
les gens. Là, je ne peux qu'admirer toute la machine qui existe
derrière. C'est beau, je ne suis vraiment pas aigri. Il n'y a aucune
jalousie. Quand on me reconnaît un peu ici, cela me fait plaisir. Je ne
suis pas une grande star et je ne veux pas l'être. Ce sont des retours
satisfaisants. Je vis de mon sport et j'aime ce que je fais.
Comment pourriez-vous partager votre passion en France ?
Je rêve de monter une compétition en bas de la Tour Eiffel. On poserait
le court vitré sous la Tour. On peut le mettre n'importe où, on a joué
en bas des Pyramides, dans la gare centrale de New York. Mais il faut
que les télés suivent.

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Deux
mois de préparation
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Votre saison vient de
s'achever, comment va se dérouler votre préparation ?
Je viens de terminer les Masters à Londres où j'ai atteint la finale.
J'ai deux mois de repos où je recommence toute la préparation physique
pour ré-attaquer la saison mi-juillet avec les Jeux mondiaux en
Allemagne. Quand nous bénéficions de deux ou trois mois de break, c'est
vraiment de l'or parce que nous ne retrouvons pas cela dans l'année.
Comme au tennis, nous sommes constamment sollicités, il faut être à 100%
toute l'année. Pendant cette période de break, nous en profitons pour
refaire des bases en endurance, en aérobie, en puissance aérobie. C'est
beaucoup de travail en extérieur et plus on s'approche de l'objectif,
plus on fait du spécifique sur le court, avec un travail de déplacement,
de musculation spécifique et beaucoup de raquette. Mais le premier mois,
nous ne touchons quasiment pas la raquette, notre préparation est
centrée sur la piste avec des 400 mètres, des 200 mètres, de la vitesse.
Nous travaillons l'endurance, mais il ne faut surtout pas perdre
l'explosivité. Car cela va très vite et il faut être dans les
starting-blocks, c'est un enchaînement de démarrage.
Que travaillez-vous techniquement ?
Il faut être de plus en plus précis à une vitesse toujours plus élevée,
prendre la balle toujours plus tôt. La technique se peaufine, nous
travaillons donc sur des enchaînements, vidéo à l'appui, des phases de
jeu qui seront performantes contre tel ou tel joueur.
Vous êtes aujourd'hui numéro un, l'objectif suprême, est-ce difficile
de trouver une nouvelle motivation ?
Le nouveau challenge est de perdurer et peut-être d'obtenir un autre
titre de champion du monde. Mais je cherche avant tout à maintenir mon
niveau de performances et même à l'élever un peu comme Federer,
maîtriser mon art le plus possible pour être hors d'atteinte des autres.
Mon jeu est analysé de plus en plus, il faut donc travailler encore plus
pour les feinter. Et l'autre challenge se situe avec l'équipe de France.
J'ai envie de vivre des choses différentes. En équipe, c'est autre
chose. Mon objectif est avant tout de me maintenir le plus longtemps
possible à cette place de numéro un. »
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